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Théodule et Philomène aurait eu 13 enfants dont la naissance nous indique leur parcours :
- Les 2 premiers enfants (Hector 1876 et George 1877) naissent à Ste-Bibiane-de-Richmond où Théodule est journalier.
- Au moins 5 autres enfants (Stanislas 1879, Emilia 1881, Elmire 1883, Alvinia 1884, et Joseph 1886) naissent à St-Louis-de-Chambord alors qu’il y est cultivateur.
- Et au moins 4 autres enfants (Marie-Louise 1888, Albert 1891, Welley 1892, Simon-Alfred 1893) naissent à Notre-Dame-du-Lac de Roberval où il est également cultivateur.
- Puis 1 autre enfant (Alice, 1894) nait en octobre à St-Louis-de-Chambord où il est toujours cultivateur. Ce qui semble être l’année du ré-emménagement à Chambord, puisque Simon-Alfred est décédé à Roberval en janvier 1894.
- Et possiblement le dernier, Didyme, nait en 1896 à Albanel (baptisé à Normandin, car l’église d’Albanel ne sera construite qu’en 1902).
Théodule avait acquis à Albanel un double lot de la Couronne par l’entremise d’un précédent acquéreur, Thomas Guay, au printemps 1894. Il serait venu travailler sur la terre ses deux plus vieux, Hector et George.
En 1903, Théodule cède un lot à son fils Hector[2] qui le vendra en 1905, étant déjà établi à Chambord en 1899 (son 1er enfant y nait et plusieurs autres). George[3] recevra l’autre lot et le conservera plusieurs années. Mais il ira travailler aux États-Unis au moins à deux reprises puisque son 1er enfant y est mort-né en 1901 et son 5e enfant Méridé y nait en 1907 à Amesbury dans le comté d’Essex au Massachusetts. Ses six autres enfant sont nés à Albanel.
Théodule serait aussi allé travailler aux États-Unis. Certains actes indiquent qu’il travaillait comme tisseur ou tisserand (weaver) dans une usine de coton à Amesbury. Avec de ses enfants qui y travaillaient également, dont certains (Elmire et Joseph) s’y sont mariés, et d’autres y sont demeurés toute leur vie (Emilia, Elmire, Joseph). Au moins deux sont revenus au pays (Georges à Albanel, Alvinia à Montréal).
Est-ce qu’ils étaient allés travailler aux États-Unis comme beaucoup de québécois lors de la Grande/Longue Dépression[4], puis il préférait y retourner l’hiver plutôt que d’aller dans les chantiers de bûcherons? Surtout avec la facilité de déplacement qu’offrait le chemin de fer, et qu’il avait de ses enfants établis là-bas.
C’est durant son ou un de ses séjours aux USA, que Théodule décéda le 14 septembre 1906, à l’âge de 55 ans et 4 mois, d’une fièvre typhoïde[5] causée par intoxication alimentaire (salmonelle). Selon l’acte de décès, sa maladie (agonie) dura 30 jours et il est décédé à son lieu de résidence à Amesbury. C’est son gendre, Edmond Hudon (Amilia) [6] et résidant à Amesbury qui signa l’acte. Edmond était aussi le frère d’Anna mariée avec George, fils de Théodule.

Cependant, Théodule fut inhumé à St-Louis de Chambord le 18 septembre 1906, où il avait habité et sa mère et plusieurs de ses enfants y résidaient encore. Son corps ayant été rapatrié en train après que le curé ait reçu la certification qu’il n’y avait aucun danger de contamination. Témoins à ses funérailles, outre possiblement son épouse Philomène Moreau?: Hector Tremblay (son fils), Edmond Hudon (son gendre), Joseph (son fils), Robert Fortin (ami ou voisin de Chambord), Élizée Plourde (marié à Maria Tremblay, fille du frère aîné de Théodule : Benjamin (Emilie Harvey)), charron à Chambord et qui sera maire de la paroisse d’Albanel de 1926 à 1929.

Une des filles de Théodule, Marie-Louise, est également décédée à Amesbury en 1909, d’une appendicite opérée, suivie de complications, fistule puis pleurésie avec épanchement. Durée de la maladie, 25 jours.
Philomène Moreau, veuve de Thodule depuis 11 ans, s’est remariée le 12 août 1917 à Albanel, avec Philippe (surnommé Paysan) Lamontagne (marchand, veuf de Célina Néron) de St-Félicien. Elle est décédée à St-Félicien le 27 avril 1929 à l’âge de 74 ans 5 mois et y a été inhumée. Philippe se remariera en 1932 avec Alpheda Bonneau.
[1] Qui deviendra Chambord, souvent appelé Chambord boucane à cause du chemin de fer qui arrêtait là et dont toutes les manœuvres de retournement des locomotives généraient beaucoup de fumée. Benjamin (Émilie Harvey), fils d’Eucher en sera le maire de 1878 à 1888)
[2] Marié le 10 avril 1899 à St-Thomas d’Aquin, Lac-Bouchette, à Délima Désgagnés, fille d’Urbain et Delphine Pagé de St-Michel de Mistassini
[3] Marié en 1ère noces le 24 octobre 1898 à Notre-Dame-du-Lac de Roberval avec Anna Hudon, fille de Louis Hudon et Joséphine Boivin
[4] La Grande/Longue Dépression (1873-1896), une crise (ralentissement) économique mondiale qui s’est étendue sur 23 ans, et démarrée par une crise bancaire brutale en mai 1873 due a une spéculation effrénée, avec des dépôts de garantie très faibles
[5] Les fièvres typhoïdes et paratyphoïdes sont causées par des bactéries appartenant au genre Salmonella, mais dont le réservoir est strictement humain. La contamination résulte le plus souvent de l’ingestion d’eau ou d’aliments ayant subi une contamination fécale d’origine humaine ou d’une transmission directe de personne-à-personne. La fièvre typhoïde était très répandue à la fin du XIXe siècle. Son taux de mortalité était estimé de façon conservatrice à entre 12 % et 15 % et un patient qui finissait par y survivre avait habituellement été malade pendant environ six semaines2. Les rapports officiels sur la période de 1906 à 1910 indiquent que parmi les 51 villes américaines comptant 100 000 habitants et plus, chez plusieurs d’elles le taux de mortalité dépassait 55 pour 100 000 habitants.
[6] Mariés à Normandin (l’église d’Albanel n’étant pas construite) le 25 octobre 1898. Edmond, fils de Louis Hudon et Joséphine Boivin de Roberval.



