Par ici ! Concours Voici ma famille, édition 2017

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Je partage mon histoire

Je partage mon histoire (11)

3 thèmes : la cuisine familiale, les traditions des Fêtes et les métiers de vos ancêtres.

Voici vos histoires !

lundi, 30 novembre 2015 20:33

Les beignes de grand-maman

Les souvenirs du temps des fêtes du côté de ma mère, c'est en autre chose les fameux beignes de ma grand-maman. Ce n'était pas des beignes tout simples... Non, c'était des beignes très moelleux au sirop d'érable et ce sirop d'érable était bien spécial puisqu'il était fait à la cabane à sucre familiale à chaque printemps.
Le temps a passé et ma grand-maman est décédée, alors les derniers Noël, il n'y avait pas de beignes à la table. Par contre, cette année ce sera différent! Ma mère, mes tantes, mes cousines et moi-même, nous nous sommes réunies un samedi d'octobre et nous avons fait la recette de beignes de ma grand-maman (avec du sirop de la sucrerie de mon oncle). Toutes réunies autour de la table, chez ma cousine, nous avons eu beaucoup de plaisirs à passer une journée entre femmes, à faire les beignes et à discuter de tout et de rien.
Ce fut une journée mémorable. En plus, nous avons fait les beignes sur la table qui appartenait à ma grand-maman. Une superbe table en bois qui était dans la cuisine d'été quand ma mère était petite, sûrement fabriquée au début des années 1900. Comble du bonheur, nous dégusterons ces beignes à Noël chez mon autre cousine qui habite la maison ancestrale!

Claudine Porlier

lundi, 30 novembre 2015 20:30

Mon grand-papa, un Gaspésien

Mon grand-papa Porlier est né à Carleton, en Gaspésie, en 1907. Il s'est marié en 1944 et il a eu huit enfants. Comme beaucoup de Gaspésiens, mon grand-papa a travaillé dur en échange d'un petit salaire pour que sa famille puisse manger trois repas par jour.
Il y a quelques mois, mon père a trouvé un document très intéressant au sujet de mon grand-père. Un texte réalisé par une étudiante pour un cours d'anthropologie du vieillissement à l'université Laval, en 1985. L'étudiante avait interviewé mon grand-père au sujet de sa vie en Gaspésie. Puis elle avait transcrit le texte en respectant la phonétique des mots, car mon grand-père avait un fort accent Gaspésien. Voici un extrait où il parle de son métier.
Question : Dans les chantiers, que faisiez-vous exactement?
Réponse : On coupait des billots. On coupait ça par bouttes, pis y'avait un ch'val qui voyageait ça, pis y'emmenait ça, pis y mettait ça d'une pile su un ch'min. Y'avait un ch'min d'coupé dans l'bois là. Y'avait pas d'tracteurs dans c'temps là, ni rien, tout était fait à la main. (...). Ça c'était toute pilé dans l'bois. Pis l'printemps, quand t'les eaux étaient hautes là, y prenait c'bois là, y l'envoyait au fleuve, pis y'avait les moulins à scie. Dans l'été on sciait c'bois là. Y faisait des planches, des madriers toutes sortes de choses. On avait pas cher, on avait une piastre et vingt-cinq par jour pour travailler dins moulins à scie dix heures de temps par jour.

Que dire de plus... je suis fière de mon grand-papa, Adrien Porlier.

Claudine Porlier

Après avoir vécu en Beauce au Manitoba, puis de nouveau en Beauce, mon grand-père Albert Genesse s’est vu offrir une terre à Authier en Abitibi-Ouest vers l’année 1926. Il s’est installé là-bas avec son épouse Émérentienne Lemieux et ses enfants. Il fut au départ cultivateur. C’est vers 1940 qu’il fit l’acquisition de son premier camion d’une demi-tonne, soit un Ford 1936 ou 1938. Il commença ce nouveau travail en faisant la livraison de la viande de boucherie de ses propres animaux et de celle du village. Il la livrait dans la région de Rivière-Éva, Malartic et Roc- d’Or (maintenant Val-D’Or). Il dut arrêter la livraison de la viande dans le temps de la guerre, car il ne savait pas lire et les gens lui donnaient d’autres coupons que ceux pour la viande. Il perdait donc trop d’argent. Par la suite, il fit l’acquisition d’un Ford 1938 2.5 tonnes, d’un Ford 1941. Il en avait même acheté un camion neuf à Amos de couleur rouge. C’était un Ford 1947 de 3 tonnes. Fier de son achat, lorsqu’il est arrivé à la maison à minuit, Albert a réveillé toute sa marmaille pour les amener faire une promenade en famille jusqu’au village voisin. Ces derniers camions ont servi au transport de pitounes de 4 pieds. Les pitounes de bois partaient sur des chars à la gare d’Authier et se rendaient dans des usines à papier à La Tuque, Shawinigan ou Grand-Mère. Il a aussi transporté du bois de sciage pour faire de la planche et du gravier pour faire des routes dans la municipalité d’Authier et de Languedoc. Il avait alors qu’à changer les panneaux de bois pour une benne. Ce métier de camionneur n’a pas toujours été facile. Ses contrats allaient au gré des partis au pouvoir. Albert qui était Libéral a vu son camion stationner dans la cour lorsque les Bleus (Union Nationale) étaient au pouvoir. Mon grand-père a eu des camions jusqu’à ce qu’un de ses garçons prenne la relève vers 1952-1953. Tout en combinant son métier de cultivateur avec ses contrats de camionneur, il réussissait à nourrir sa famille. Il est décédé en 1966 avant que je puisse le connaître. Chose certaine, ce premier camion en 1940 en a inspiré plus d’un dans le camionnage. Ses garçons en ont fait eux aussi leur métier. Encore aujourd’hui, un très grand nombre de ses petits-enfants et arrière-petits-enfants trempent encore dans le monde des machineries lourdes.

Albert Genesse devant un de ses camions.

Josée Genesse

mercredi, 25 novembre 2015 20:24

Tradition des bas de Noël

Je suis native de Mont-Joli en Gaspésie.
Ma mère était un cordon bleu hors pair.
Pour Noël, elle nous confectionnait un bas de Noël et la tradition s'est perpétuée avec nos enfants (mes enfants).
Dans notre bas, il y avait toujours des chocolats raffinés & des sucreries.
Lorsque l'on a été plus grand, c'est une boîte de Ferrero Rocher & des bonbons mous comme des jujubes que nous avions.
Aujourd'hui j'ai continué la tradition et les enfants ont toujours hâte de recevoir leur bas de Noël. Et je sais que je vais le faire pour mes petits-enfants lorsque j'en aurai.
Voilà ma petite histoire à moi.
Nora Lévesque

vendredi, 20 novembre 2015 17:50

Meunier, le métier de mon ancêtre

Mon ancêtre Maurice Déry est arrivé en Nouvelle-France vers 1672, il était âgé d’environ 15 ans et accompagnait ses parents Nicolas Déry et Élisabeth Bertrand. Il fut l’ancêtre d’une vingtaine de meuniers dans la région de Québec.
La semaine précédente le moulin n’avait pratiquement pas «tourné» car le débit d’eau était insuffisant pour entraîner la roue hydraulique procurant l’énergie nécessaire à son fonctionnement. Le meunier Maurice Déry en avait profité pour réaliser les travaux d’entretien constamment requis : le graissage des engrenages, la réparation des arbres de couches, des paliers, des courroies et des poulies, le nettoyage et le brossage des meules; il y avait tellement à faire et le temps manquait en cette période de récolte.
Les habitants, eux, avaient profité de la grande chaleur pour ramasser leurs grains et les transporter au moulin.
Après l’abondante pluie d’hier, Maurice savait que sa journée serait bien remplie. Il se lève donc à l’aube, prend un déjeuner composé d’un morceau de porc frais accompagné de tranches d’oignon et d’une miche de pain trempée dans de l’eau-de-vie.
Aussitôt terminé, il quitte son logis et se rend dans la partie du bâtiment qui renferme la mécanique du moulin. Fort de son savoir-faire, il va d’abord observer le débit d’eau du canal d’amenée qui assure le fonctionnement de la roue à aube verticale; il constate un excellent débit ce qui le rassure.
Maurice monte à l’étage pour y déverser les grains dans un réservoir en forme d’entonnoir, la trémie, laquelle est positionnée au-dessus des meules.
Le meunier Maurice descend ensuite au rez-de-chaussée, il actionne des vannes qui régularisent la force de l’eau tombant sur la roue à aube, qui elle, entraîne le mécanisme permettant à la meule supérieure de tourner au-dessus de la meule inférieure, cette dernière étant la meule dormante. Simultanément les grains placés dans la trémie commencent à s’écouler vers le centre des deux meules où ils sont broyés, séparant ainsi le son (l’enveloppe) de la farine (l’amande).
Maurice doit s’assurer qu’il y ait toujours du grain entre ses deux meules sinon, des étincelles dues au frottement des pierres entre elles peuvent déclencher un incendie, la poussière de farine contenue dans l’air étant combustible.
Le meunier doit également ajuster l’écart entre les deux meules car cet espacement détermine la finesse de la farine obtenue. Au sortir des meules la mouture (son et farine) est ensuite acheminée à l’étage, via un élévateur à mouture. C’est à cet endroit qu’elle est versée dans un blutoir, lequel sert à tamiser la farine pour la séparer du son.
En ce début de soirée, Maurice entendait à peine, comme profondément enfouies dans sa tête, les paroles de la comptine « Meunier tu dors. Ton moulin, ton moulin va trop vite… ». Il sursauta et réalisa soudain qu’il s’était assoupi, dans sa chaise, épuisé par sa rude journée d’ouvrage, il ouvrit les yeux et rencontra le joli sourire de Madeleine, son épouse, qui continuait sa turlutaine tout en filant de la laine sur son rouet.
Le meunier en plus d’avoir «le nez dans la farine» devait travailler dans un environnement bruyant et devait somme toute composer avec des équipements rudimentaires dont l’ajustement précis était une question de savoir-faire et de connaissances acquises au fil des années. Un bon meunier ne se fabrique pas du jour au lendemain.
Le meunier devait être un passionné!

André Déry

vendredi, 20 novembre 2015 17:43

Un Noël typique à Sainte-Christine !

La maison de mes grands-parents maternels est pleine à craquer, envahie par leur progéniture au nombre de 11 qui s’est multipliée par trois, quatre voire cinq ou six! La maison transpire de l’intérieur laissant une buée épaisse dans chacune des fenêtres permettant aux plus grands d’écrire des messages et aux plus petits d’y aller avec le dessin d’un bonhomme difficile encore à discerner!

Le son du violon, l’harmonie de l’accordéon et les talons de mon oncle Jean-Paul qui résonnent sur le plancher donnant ainsi la cadence de cette chanson à répondre que tout le monde connaît! Au fourneau, les filles de ma grand-mère, mes tantes, se racontent leurs derniers petits faits divers tout en veillant du coin de l’œil sur la maisonnée pour s’assurer qu’on ne manque de rien.

L’odeur qui se promène dans la maison est un mélange de bouffe et de gros gin! Les hommes entre deux chansons se tapent sur les cuisses riant des blagues qui débutent toujours par « Une fois c’t’un gars… ». Ma tante Yvette, un peu pompette rit à gorge déployée pendant que tante Lucille encourage son homme à raconter une blague un peu plus salée… Une fois que les rires se sont essoufflés, voilà que c’est reparti pour une autre chanson poussée cette fois, par mon oncle Aimé!

C’était comme ça à tous les Noëls dans la famille Archambault, famille que j’aime tant, famille de mes 10 ans, de mes 20 ans et celle de mes enfants maintenant!

Lyne Loiselle

Bonjour. Je suis Francis Alexander. J'étais un jeune garçon quand ma famille est venue d'Irlande au début du XIXe siècle. Avec mes parents, mes cinq frères et cinq sœurs, nous quittions pour une vie meilleure. Avec six descendants mâles, mon père voyait bien que nous aurions de la difficulté à nous procurer une terre sur cette ile déjà très peuplée et où les tensions politiques et religieuses devenaient de plus en plus intolérables.
Nous sommes donc arrivés dans Lanaudière et nous y avons d'abord vécu en tant qu'agriculteurs. Après avoir fondé moi-même ma famille, j'ai déménagé tout ce beau monde, mon épouse et mes cinq garçons et cinq filles, à Montréal. J'y suis devenu charretier. Les charretiers livraient diverses marchandises aux quatre coins de la ville. Dans un climat rigoureux comme celui du Québec, beaucoup d'entre nous livraient de quoi chauffer les maisons. Aussi, nous devions livrer les marchandises arrivées par bateau.
Mes enfants ont eu un métier. Les garçons sont devenus commerçant, charpentier, menuisier et les filles sont devenues couturières, dans les factries de Montréal.
Je me sens très fatigué. On dit que les gens qui ont pratiqué mes métiers étaient des gens forts et résistants. J'ai maintenant plus de 90 ans. On est en 1911. Ce sera sans doute mon dernier printemps. Je crois avoir laissé un bel héritage à mes enfants: ils ont tous reçu une éducation hors du commun pour leur époque. Ceci leur a permis d’exercer différents métiers dans une ville de Montréal en pleine expansion.

Line Bélanger
Arrière-arrière-arrière-petite-fille de Francis Alexander

mercredi, 21 octobre 2015 14:43

Le Père et la Mère Noël

Chaque année, à la période des Fêtes, des images de l’enfance renaissent et m’habitent. De l’aube de ma jeunesse, je n’ai aucun souvenir du Père Noël.

Nous habitions une grande maison et la magie s’y installait grâce à la Fée des Étoiles, ma mère. Les arômes de tartes, tourtières, dinde et autres gourmandises nous faisaient chavirer.

La veille de Noël, nous suspendions notre bas au foyer artificiel qui ornait le salon, sachant qu’au matin nous y trouverions une orange, des bonbons et des chocolats.

À cette époque lointaine, mon père travaillait comme facteur, et livrait le courrier six jours semaine dans le quartier huppé de Notre-Dame-de-Grâces. Le 24 décembre, nous l’attendions avec une impatience à peine contenue. Il tardait à rentrer, car cette livraison s’avérait la plus longue de l’année.

Il arrivait enfin, et pour nous, les enfants, il personnifiait le Père Noël. Son gros sac noir de facteur regorgeait de cadeaux : cartons de cigarettes, car il fumait, boîtes de chocolats et bonbons de toutes sortes. Pour ma mère, les nombreuses enveloppes contenant cartes et billets de différentes valeurs revêtaient une grande importance. Avec cette petite fortune, elle irait magasiner. Au matin de l’An nouveau, un cadeau à notre nom nous attendait au pied de l’arbre. C’était la joie!

Quelques années plus tard, ma grand-mère me conduisit au grand magasin Eaton, rencontrer le Père Noël et la Fée des Étoiles. J’ai en mémoire une atmosphère artificielle, sans comparaison avec celle créée par mes parents magiciens.

Jean-Guy-Renaud

Mon père était un homme moderne, il conduisait une voiture décapotable, il faisait du bénévolat au bureau de son parti politique, il fumait deux paquets de cigarettes par jour et il avait un chalet dans les îles de Sorel pour se sauver de la ville qu'il n'aimait guère.

Amoureux de la nature, il avait construit sa première cabane à 12 ans, sur une île, des îles de Sorel! Plus tard, beaucoup plus tard, il est revenu habiter dans ses chères îles au milieu des marais. Il chassait le rat d'eau selon la coutume pour sa fourrure, qu'il vendait… à la Compagnie de la Baie d'Hudson! C'était assez payant pour qu'il puisse en vivre.

Il chassait avec son bon vieux labrador noir. Après avoir retiré la peau du rat d'eau, il la faisait sécher dans sa cuisine là où son poêle à bois chauffait l'air et...la viande restante en ragout, qu'il mangeait avec appétit. Un mets traditionnel des îles de Sorel!

On était en 1999 à l'aube de l'an deux mille et sa carte de la Compagnie de la Baie d'Hudson témoigne de la véracité de l'histoire.

Peu de gens savent qu'encore aujourd'hui, le métier de trappeur au Québec existe toujours.

Je suis une femme moderne, j'ai grandi à Montréal, je voyage autour du monde, et mon père était coureur des bois!

Louise Nadeau

mercredi, 07 octobre 2015 19:11

Les métiers de mon arrière-grand-père

Quel immense bonheur de vous parler des nombreux métiers de mon arrière-grand-père Cyrille Lauzon, né le 7 octobre 1863. Son père Maurice avait travaillé au défrichement d’une nouvelle colonie donc mon arrière-grand-père a vite appris le métier de bûcheron et de cultivateur. À l’âge de 20 ans, son père lui a donné deux terres en cadeau afin qu’il puisse les défricher pour subvenir aux besoins de sa famille. Il bûchait les gros pins pour vendre les billots et il gardait le restant du bois pour en faire du bois de chauffage. Après avoir dessouché les arbres, il ensemençait la terre pour nourrir sa famille. Ces durs labeurs faisaient partie de son quotidien. Il aimait bien ce travail et il a acheté plusieurs terres; c’était un bon négociateur et on disait de lui qu’il brassait de grosses affaires. Il possédait une ferme avec plusieurs vaches; il faisait la production du lait, de la crème et du beurre. Il se rendait à la station de chemin de fer au coin de Mascouche pour vendre ses canistres de lait. À l’été, il faisait les foins pour nourrir son bétail. Il cultivait des fraises et des framboises pour amasser encore plus d’argent et il fabriquait des casseaux pour y mettre les petits fruits récoltés.

Le 23 septembre 1923, il a aidé son fils Josephat à construire la maison dans laquelle je suis née en 1954 et que j’habite présentement. Cette maison est solide comme du roc et j’ai constaté qu’il y avait mis tout son cœur et toute son âme, en observant les matériaux qu’ils se sont servis.

Ce cher arrière-grand-père a participé activement au développement de la paroisse de Ste-Anne-des-Plaines. Finalement, cet amant de la nature qui aimait bien aller faire bouillir le sirop à la cabane à sucre de son fils, s’est éteint le 19 mai 1952, à l’âge de 89 ans 7 mois.

Lise Lauzon

mercredi, 07 octobre 2015 19:03

Un procureur fiscal en 1655

Bonjour ! Je m’appelle Paul Vachon. Je suis le neuvième arrière-grand-père de Mario Scott, l’auteur de ce texte.

Je suis né en 1630 à Copechagnière, dans le Poitou, en France. Je suis arrivé en 1653 en Nouvelle-France, plus précisément à Beauport. En ce début de la colonie, nommé par le représentant du roi, j’occupe le poste de notaire royal et de notaire seigneurial pour les seigneuries de Notre-Dame des Anges, de la côte de Beaupré, de l’île d’Orléans, d’Argentenay et de Beauport.

L’autre jour, j’observais mon arrière-arrière-… petit-fils, Mario, en train d’effectuer des recherches généalogiques. J’ai souri lorsqu’il a découvert que j’étais procureur fiscal. Imaginez la réaction de mon descendant : lui qui a travaillé comme percepteur d’impôt. Mes responsabilités sont toutefois différentes de ce qu’étaient les siennes.

Le procureur fiscal, en cette fin du dix-septième siècle, est un officier qui a la charge, disons, du ministère public auprès du tribunal seigneurial. Je dois veiller aux droits du seigneur et aux intérêts communs. En tant que procureur du roi, je représente le seigneur, qui ne peut pas assister aux audiences. J’agis en son nom dans l’intérêt général tout comme celui des parties.

J’entame des poursuites et je veille à l’observation et à la publication des ordonnances. Je porte plainte, j’enquête sur des dénonciations, et j’ai la supervision des officiers sous ma charge.

Au civil, je donne mon opinion dans tous les procès où je le juge nécessaire. Au criminel, mon intervention est de rigueur. J’y agis en tant que partie principale. Dans toute instruction criminelle, je prends connaissance des plaintes officielles adressées au juge d’instruction. Mais loin de moi l’idée de mener le procès ou d’effectuer des arrestations. Ce n’est point de mon ressort. Cependant, jamais le juge ne rend sa décision sans prendre connaissance de mon opinion dans l’affaire. Il y est obligé, à défaut de quoi, le jugement serait annulé.

Le juge doit, avant même le début du procès, entendre mon résumé de la cause. Je procède toujours de la même façon. Je prononce mon réquisitoire debout, je donne mes conclusions et, ensuite, je quitte la salle d’audience. Je laisse le juge délibérer et prononcer son jugement hors de ma présence.

J’ai aussi, en tant que procureur fiscal, la responsabilité de veiller aux intérêts des mineurs et des absents dans la seigneurie. Par exemple, je demande au juge de nommer un tuteur, d’apposer des scellés, d’effectuer un inventaire de biens ou une reddition de compte. Bref, ce n’est pas de tout repos. Mais je trouve valorisant d’être le représentant de la justice seigneuriale

Malheureusement, j’ai dû abandonner de façon prématurée mon poste de procureur fiscal, en 1703, à cause de la petite vérole, des suites de laquelle je suis décédé.

Et pour ceux qui n’ont pas encore fait le lien, les petits gâteaux Vachon, eh oui! ce sont mes descendants. Mais, aucun de mes arrière-petits-fils ne s’est appelé Jos Louis?

Paul Vachon avec la collaboration de son huitième arrière-petit-fils Mario Scott

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